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Jean-Marie (Belgique)

Jean-Marie a une double passion :

les trains électriques et,

le tour de France cyclistes.

Il a su mettre en scène celles-ci, en reproduisant le tour de l'année 1962.

Un article de presse lui rend hommage :

http://www.rtl.be/info/vous/temoignages/jean-marie-a-une-passion-debordante-pour-le-cyclisme-il-a-recree-une-etape-en-miniature-737280.aspx

Voici ce que nous écrit Jean-Marie pour accompagner son magnifique diaporama :

Le Tour de France 1962 de JEAN-MARIE

Ah, ces coureurs de 1962 !

Mon grand-oncle me les a fait découvrir pour la première fois sur la place d’Armes à Namur, ma ville natale, lors d’un départ d’étape du Tour de Belgique. Cette place d’Armes bordée, à l’époque, des enseignes de deux grands magasins, « au Bon Marché » et « à l’Innovation » et où il n’y avait pas encore la fontaine de D’josèf et Françwè accompagnés de leurs lumçons.

Par contre et avant tout, il y avait Rik Van Looy et son maillot arc-en-ciel conquis à Berne l’année précédente. Durant les nuits qui ont suivi, je dormais avec l’autographe qu’il m’avait donné et rêvais d’être moi aussi revêtu de cette fameuse tunique de champion du monde. Et puis, il y avait les vélos avec leurs dérailleurs, les maillots de couleurs (les rouges et blancs de la Faema, la « garde rouge » de l’empereur d’Herentals), les voitures des directeurs techniques, les journalistes et surtout un public de passionnés à l’affût du moindre détail, de la moindre nouvelle. Quel monde je découvrais !


Et puis, est venu le temps du Tour de France. On m’en a appris tous les rouages : la vingtaine d’étapes, les jours de repos, les classements, les équipes et ses légendes avec les noms qui y sont associés : Coppi, Bartali, Bobet, Gaul, Sylvère Maes que l’on me disait être le dernier vainqueur belge. « C’était avant la guerre » me disait-on. « Avant la guerre », vous pensez bien que je ne savais pas très bien ce que cela voulait dire, moi qui était né en 1954… Plus tard, il y aura Merckx, son panache, sa conscience professionnelle, son travail de préparation, toutes choses qui influenceront mes résultats scolaires durant mon adolescence.

Mais le Tour de France, qu’est-ce vraiment ?


Tout d’abord, on parle du « Tour » sans devoir préciser qu’il s’agit de celui de France : c’est déjà tout dire.


Le Tour, c’est une épopée de sportifs de très haut niveau qui font un des plus durs métiers au monde, qui pendant trois semaines vont, chaque jour, se disputer la victoire d’étape, un sprint intermédiaire, tenter de ravir le maillot jaune ou vert à un de leurs adversaires, brandir, fiers, le bouquet de la victoire. Vous pensez bien : porter la tunique jaune, ne fût-ce qu’un seul jour, aucun coureur ne raterait l’occasion ! Pour tous, ils s’en souviendront jusqu’au dernier jour de leur vie et, pour certains, au palmarès moins étoffé, ce sera la consécration de leur carrière.


Le Tour, ce sont les intempéries de Bretagne, la canicule du Midi, le vent des Landes, les routes pavées du Nord, le froid des sommets pyrénéens et la glisse des descentes des Alpes.


Le Tour, ce sont aussi des drames. Ceux liés à la course elle-même comme les chutes qui mettront fin aux espoirs de victoire de Rik Van Looy, à la carrière de Roger Rivière, à la vie de Fabio Carsartelli. Il y a malheureusement aussi ceux liés aux excès déjà avoués par les frères Pélissier à Albert Londres en 1924 (lisez le livre « Les forçats de la route ») : Tom Simpson, lui, n’est plus là pour en parler…

Mais le Tour, c’est le plus grand spectacle de rue au monde, entièrement gratuit. C’est une fête qui mobilise, à chaque édition, des millions de spectateurs le long des routes et rues de France, venus là pour encourager leur coureur favori en criant « allez Anquetil ! » ou « allez Poupou ! » avec une ferveur empreinte de naïveté enfantine devenue inhabituelle à notre époque. On vient très tôt sur le parcours, voire on passe la nuit qui précède le passage des coureurs pour être sûr de pouvoir les admirer, ne serait-ce que quelques secondes tellement ils vont vite. On vient voir la caravane publicitaire qui précède la course elle-même avec ses voitures uniques, construites pour la seule occasion, tels des chars de carnaval d’où de belles hôtesses lancent les gadgets les plus hétéroclites en direction de la foule nombreuse. On aime reconnaître, au passage des motos et voitures de presse, la silhouette de tel ou tel commentateur ou journaliste sportif qui fait vibrer notre cœur sur les ondes : « Oh là , là, chers auditeurs, c’est un Cannibale », « notre petit Lucien (Van Impe), il est petit, mais il grimpe, il grimpe, vous ne vous imaginez pas comme il grimpe vite ! » ou tout simplement « qu’on est fier d’être un petit belge à Paris ! » s’exclamait durant trois semaines Luc Varenne de sa voix inoubliable…


Et l’édition de 1962 ?


Le Tour 1962, c’est l’apparition des équipes de marques en remplacement des équipes nationales : désormais, des Belges vont aider des Français ou des Italiens à s’imposer de même des Suisses envers des Espagnols : une révolution pour le Tour ! C’est aussi l’arrivée de Félix Lévitan comme co-directeur de course aux côtés de Jacques Goddet : les deux journaux organisateurs de l’épreuve l’un à côté de l’autre, le Parisien et l’Equipe.
En 1962, le Tour a lieu en pleine fin de la guerre d’Algérie. Certains Français ont la grogne et le climat politique est tendu autant dans l’Hexagone que sur l’autre rive de la Méditerranée. La gendarmerie nationale qui encadre le Tour est sur les dents : un attentat n’est pas à exclure.


En 1962, le Tour, ce sera la troisième victoire de Jacques Anquetil qui ravira le maillot jaune à notre Joseph Planckaert ( qui perdra plus de 5 minutes sur le Normand) lors d’un phénoménal exploit dans le contre-la-montre de Bourgoin, près de Lyon (il dépassera et larguera Raymond Poulidor en surclassement). Raymond Poulidor qui, la veille pourtant, avait été l’auteur d’une très longue échappée victorieuse dans le massif de la Chartreuse. On a encore en mémoire aujourd’hui Fédérico Bahamontes, l’ « Aigle de Tolède », et ses envols majestueux vers les sommets des Pyrénées et des Alpes : Ah, qu’il était beau à voir le plus grand grimpeur de tous les temps !


Pour nous, Belges, le Tour 1962, ce sera la lourde chute de Rik Van looy dans les Pyrénées : un traumatisme aux reins justifiant son évacuation par hélicoptère et lui faisant perdre tout espoir d’un jour remporter le Tour : j’étais triste ce jour- là car mon champion avait perdu malgré sa tunique blanche à bandes multicolores. J’avais du mal à comprendre. Mais, à côté de ce drame, il y aura de quoi être satisfait. Pensez donc ! 10 jours de maillot jaune, 8 victoires d’étape, 7 coureurs belges parmi les 20 premiers au classement général final… Comparé à aujourd’hui, il y avait de quoi se réjouir, non peut-être?
Aujourd’hui, le petit garçon de 8 ans en 1962 a grandi ; il en a 61. Sa passion d’enfant pour les coureurs cyclistes n’a pas faibli au point d’avoir consacré une partie de ses loisirs à la confection d’un diorama représentant une scène du Tour de France 1962 à l’échelle 1/87 pour décorer un secteur de son immense réseau de trains électriques miniatures, une autre passion.

Si ce diorama reprend une foule de détails traduisant la réalité de la course de 1962, il fait aussi bonne place à l’imaginaire. Vous savez, cet imaginaire de l’enfant qui construit des mondes bien à lui dans l’instant présent, insouciant qu’il est de quelconque vérité historique qu’il serait amené à justifier devant un panel d’experts. Le garçon de 61 ans joue, tout simplement…

Alors, regardez le diaporama qui suit.

- Le paysage est celui, blanc rocailleux, de la haute Provence, un soleil de plomb alourdit l’épreuve (image 1), les chevaux Camargue gambadent (image 2) et, à l’arrière- plan, des vignerons soignent leurs vignes sur le sommet d’un rocher dans lequel des tunnels ont été creusés pour le passage des trains (image 3).


- La caravane publicitaire (imaginaire) avec ses fameuses voitures toutes plus originales les unes que les autres (image 4). En bordure, un train rouge avec bande latérale blanche, le « Capitole » (TGV de l’époque) passe à toute vitesse. Il vient de Paris et se dirige vers le Midi (image 5).


- Deux cascadeurs sur moto roulent sur la ligne blanche pointillée qui sert de repère (image 5) (allez les voir ou revoir dans le film de Louis Malle intitulé « Vive le Tour ! » et qui date de 1962)


- la tête de la course est précédée des motards de la Gendarmerie nationale avec Félix Lévitan dans la voiture rouge de direction de course. Rik Van Looy est en tête dans son style de rouleur. Il est accompagné d’Henry Anglade avec son maillot de couleur orange de la Libéria-Grammont. Tiendront-ils ? (image 6)


- Le coup du passage à niveau fermé (obligatoire dans le décor d’un réseau de trains miniatures), événement toujours d’actualité : rappelez-vous Paris-Roubaix de cette année 2015… Certains coureurs sont en train d’escalader les barrières alors que le maillot vert, Rudi Altig, les contourne et que le Champion de France arrive (image 7). Attention ! Un train de marchandises approche, tiré par une locomotive verte « fer à repasser », typique des chemins de fer français de l’époque (image 8).


- Les marins-pécheurs ont organisé une manifestation contre le ministre Machin ; en colère, ils brandissent leurs drapeaux rouges sous le regard de deux gendarmes et leurs slogans ornent le passage à niveau. Des millions de téléspectateurs vont les voir ! (image 9)


- L’échoppe du marchand de crèmes glacées (image 10), la fanfare municipale (image 11), les banderoles aux drapeaux multicolores qui surplombent la route (image 12) : c’est la fête, quoi !


- Le peloton est emmené par le maillot jaune, en chasse des échappés (image 13), chasse menée sous les acclamations d’un public nombreux, certains spectateurs étant même juchés sur les reliefs rocailleux avoisinant le parcours (image 14). Ils sont venus en Panhard, en Peugeot 203 ou 403, en DS, en Dauphine ou encore en « deux poils » (images 15 et 16).

- Des pancartes à l’effigie des plus grands champions ornent des abords du parcours (images 17 et 18) : Ercole Baldini (ancien recordman de l’heure), Rik Van Looy (Keyser van Herentals), Jacques Anquetil (futur vainqueur), André Darrigade(longtemps recordman des victoires d’étape avant Merckx), Jean Stablinski (champion du monde quelques mois plus tard à Salo), Raymond Poulidor (l’éternel second) et Pino Cerami (excellent coureur belge issu de l’immigration italienne mais, avant tout, UN GRAND MONSIEUR !). D’autres noms ont été peints sur la route : Cazala, Altig, Daems, Dotto, Viot ou encore Mahé. Les drapeaux aux couleurs nationales sont brandis par les spectateurs et déployés par le Mistral.


- On filme les événements : photographes et cameramen sur le bord de la route et sur les motos (image 19) : l’hélicoptère rouge et blanc de l’ORTF (télévision française) transmet les images vers Paris et le reste du monde. Chouette, on verra un résumé de l’étape au journal télévisé de ce soir (image 20) !


- L’ardoisier, depuis le siège arrière d’une moto, indique à la craie blanche l’écart qui sépare le premier de la course du peloton : il y a 20 secondes ! (image 21)


- Dommage pour Armand Desmet, un coureur de la Faema : il a chuté à l’arrière du peloton ! Rien de grave toutefois : il faudra simplement l’aider à remonter sur son vélo. (image 22)


- Les voitures des directeurs sportifs des équipes (Saint- Raphaël, Mercier, Philco, Carpano, Pelforth ou encore Margnat – Paloma et Peugeot).(image 23) Là, un coureur de la Saint- Raphaël, Jean Graczyk, est venu demander des conseils tactiques à Raphaël Géminiani, son directeur sportif. (image 24)


- Albert Bouvet de la Margnat-Paloma a un ennui mécanique : un mécanicien est en train de changer une roue. Il pourra repartir vite. (image 25)


- Plus loin, de sa voiture rouge, Jacques Goddet, co-directeur de la course, le crâne couvert, comme à l’accoutumé, d’un chapeau colonial, organise la fin du convoi. (image 26)


- La voiture « Aspro » d’assistance médicale avec à son bord le Docteur Dumas, médecin du Tour, qui prodigue des soins à Emile Daems, très bon coureur belge de la Philco. (image 27)


- Le champion d’Italie, lui, abandonne : déçu, il se lamente, appuyé contre le camion –balai alors que l’on est déjà en train de ranger son vélo. (image 28)


- Comme l’indique une pancarte posée à même le sol sur le bord de la route, Tintin, le capitaine Haddock, Tournesol et les Dupondt se sont invités dans la course : « Alors là, plus aucun doute ! Les chances d’un succès belge sont décuplées…foi de tonnerre de Brest ! (image 29)



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