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Histoire des figurines cyclistes -par François (78) le 281211 -

Tentative de petite histoire des figurines cyclistes
Sans doute pour être pleinement pertinent faudrait-il bien connaître l’histoire du jouet (1)  et bien maîtriser celle du cyclisme, principalement, celle du Tour de France. Les quelques propos ci-dessous sont donc émis à titre d’hypothèse et demanderaient à être précisés, voire corroborés. Pour la commodité de l’exposé, on distinguera quatre grandes périodes  
1° Les débuts : l’entre deux-guerre
La figurine type est une figurine militaire. La société française reste encore profondément marquée par l’imagerie correspondante, les jouets traduisent inévitablement la culture d’une société. Les figurines civiles ne sont pas, pour autant, ignorées. Et, parmi ces dernières, celles ayant trait au sport et, notamment, à l’un des deux sports les plus populaires : le cyclisme. La lecture du catalogue de Quiralu (2) devrait permettre, par quantification, de vérifier cette hypothèse.
2° L’âge d’or : de la Libération jusqu’à 1961
Le soldat, comme figurine type, laisse progressivement une place toujours plus grande aux figurines civiles et donc à ce que les enfants ont souvent appelé « les petits coureurs ». Parmi divers marques, on retiendra les emblématiques (3) productions de la firme Salza. 
3° La décroissance : de 1962 au début des années 80
Plusieurs phénomènes expliquent la fin du modèle d’après-guerre. 
En premier lieu, une donnée probablement peu observée mais essentielle à bien des titres : la fin du Tour de France cycliste par équipes nationales et régionales (4). Finie la simplicité des maillots. Représenter un peloton d’équipes dites de marques est graphiquement plus délicat ; surtout, il oblige à faire figurer les noms de ce qui s’appelait, à l’époque, les extra-sportifs (5) . Comment faire ? Salza trouvera la solution avec les décalcomanies (6) . Mais l’enjeu se complique avec des maillots de plus en plus compliqués pour ce qui est des couleurs et du graphisme et, surtout, du nombre de firmes à faire figurer sur le maillot (7).
En second lieu, le Tour de France comme objet de fascination dans une société en pleine croissance, qui change de modèle de consommation s’atténue. Et la figurine, comme jouet de base pour les garçons, perd de son attractivité. De nouveaux objets, plus ludiques, apparaissent avec, en particulier, l’invention des Playmobil. 
Enfin, pour des raisons sans doute économiques, le métal perd son hégémonie au profit du plastique. On voit ainsi naître les Starlux ou se transformer les Cofalu ; mais le plastique a moins de noblesse que le métal.
4° La fin des figurines cyclistes 
Les figurines nées avant-guerre, le cycliste comme le soldat, ne font plus recette. D’autres jouets, liés en particulier à l’arrivée de l’électronique et de l’informatique, ont pris la place. Les fabricants, dont c’est la seule activité, ne peuvent plus vivre avec un modèle commercial dépassé. Successivement Quiralu (8) , Salza, Starlux et Cofalu cessent leur production. Ne restent alors que ceux ayant, par ailleurs, des activités industrielles d’une autre importance comme Roger. Si bien que les ventes de figurines cyclistes deviennent, statistiquement, anecdotiques réduites à quelques milliers chez Roger et, probablement, guère plus chez Norev qui tente de relier nostalgie et actualité.
Et, transformation majeure, on passe en large part d’un marché de jouets d’enfants à un marché de jouets d’adultes, autrement dit de collectionneurs.
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  (1) L’auteur du présent article n’a pu voir l’actuelle exposition parisienne, ni n’a pu se référer à des ouvrages spécialisés avant la rédaction.
  (2) Ou, plus facilement sans doute, de l’ouvrage consacré à la fabrique franc-comtoise. 
  (3) Sans parler des Barbies pour les filles.
  (4) Afin d’avoir une participation de meilleure qualité (Rik Van Looy pour les Belges et Faëma d’une part, les Italiens d’autre part).
  (5) Nom donné lors des premières constitutions d’équipes (crème Nivea en Italie, puis apéritif Saint-Raphaël en France). Plus tard le vocable anglais de « sponsor » remplacera le terme français pourtant plus explicite.
  (6) Idem pour les « petites voitures » chez Dinky Toys ou Solido.
  (7) Sans parler du fait, pour les puristes, que les décalcomanies sont placés sur le dos de la figurine alors que le maillot est parfois différent entre la partie ventrale et la partie dorsale. Pour l’anecdote, une exception bienvenue, les lettres Sauvage-Lejeune sous forme de v aplati ; en revanche, on voit le sigle de l’organisateur du Tour figurer, à tort, sur le dos du « petit coureur », idem pour le BP du Lejeune-BP ; différence entre la position des couleurs du premier maillot Fagor entre la partie ventrale et dorsale, idem pour le maillot Gitane bleu avec le losange blanc…
  (8) A vérifier, mais peut-être Quiralu a-t-il cessé toute activité dès le début des années 60.


28/12/2011
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